Citations Giacomo Leopardi
La poésie et la réflexion philosophique traversent l’œuvre de Giacomo Leopardi (1798–1837), né à Recanati et mort à Naples. Ses écrits interrogent notamment la condition humaine. Ses textes en prose comprennent les Petites Œuvres morales et le vaste ensemble de notes appelé Zibaldone. En savoir plus
Je dis que l’homme ne désire et n’aime que sa propre félicité.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Le personnage présente la recherche de son propre bonheur comme le moteur fondamental du désir humain.
À une supposition fabuleuse je répondrai par une fable, d’autant plus que je n’ai jamais vécu éternellement et que je ne puis te répondre par expérience.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Le personnage répond à une hypothèse imaginaire par un récit, en reconnaissant qu’il ne peut invoquer l’expérience d’une vie éternelle.
Mais si tu veux, en prolongeant la vie, être vraiment utile aux hommes, invente un art qui multiplie le nombre et la force de leurs actions et de leurs sensations.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Dans ce dialogue, une vie plus riche en actions et en sensations paraît plus utile qu’une durée simplement prolongée.
Je pense qu’il ne me persuade pas, et que, si tu aimes la métaphysique, je m’attache à la physique. Je veux dire que si tu regardes les choses subtilement, je les regarde en gros et je m’en contente. Aussi, sans prendre en main le microscope, je juge que la vie est plus belle que la mort, et je lui donne la pomme, en les laissant toutes deux vêtues.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Le personnage préfère une appréciation concrète de la vie aux analyses abstraites qui pourraient en contester la valeur.
Or, en ces choses, une grande partie de ce que nous appelons naturel, ne l’est pas : beaucoup d’entre elles sont plutôt artificielles : par exemple, les champs cultivés, les arbres et les autres plantes arrangées et disposées en ordre, les fleuves renfermés dans certaines limites et redressés pour un certain cours, et les choses semblables, ne sont ni dans l’état ni dans l’apparence qu’ils auraient naturellement. De sorte que l’aspect de tout pays habité par n’importe quelle génération d’hommes civilisés, même en laissant de côté les villes et les autres lieux où les hommes se retirent pour être ensemble, est chose artificielle et bien différente de ce qu’elle serait naturellement.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Ce que nous appelons un paysage naturel porte souvent la marque d’aménagements humains anciens et devenus familiers.
En vérité, c’est un grand encouragement et un plaisir, non moins, à ce qu’il me semble, pour les autres animaux que pour nous, d’entendre le chant des oiseaux. Et cela vient principalement, je crois, non de la suavité des sons, si grande qu’elle soit, ni de leur variété, ni de leur concert, mais de cette marque d’allégresse qui est contenue naturellement dans le chant en général et dans le chant des oiseaux en particulier. C’est, pour ainsi parler, un rire que l’oiseau fait, quand il se sent dans un état de bien-être et d’agrément.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Le chant des oiseaux réjouit le locuteur parce qu’il lui semble exprimer directement le plaisir de vivre.
C’est assurément une chose merveilleuse que l’homme, qui de toutes les créatures est la plus tourmentée et la plus malheureuse, possède la faculté de rire, étrangère à tout autre animal.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Le texte s’étonne que l’être humain, pourtant accablé de souffrances, possède la capacité de rire.
La nature du rire en général, ses intimes principes et ses modes, du moins au point de vue moral, il serait difficile d’en donner une définition et une explication : à moins peut-être de dire que le rire est une sorte de folie qui ne dure pas, ou un égarement et un délire.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Le rire est envisagé comme un bref dérèglement de l’esprit, dont la nature reste difficile à expliquer.
Ces considérations sembleraient permettre d’affirmer que l’état naturel et ordinaire des autres animaux, y compris même les hommes, c’est le repos, et que celui des oiseaux, c’est le mouvement.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Le locuteur oppose le repos qu’il attribue à la plupart des animaux au mouvement qui caractérise à ses yeux les oiseaux.
Enfin, comme Anacréon désirait pouvoir se changer en miroir, pour être regardé continuellement par celle qu’il aimait, ou en vêtement pour la couvrir, ou en onguent pour l’oindre, ou en eau pour la laver, ou en bandelette pour qu’elle le serrât contre son sein, ou en perle pour être porté à son cou, ou en chaussure pour être du moins foulé de ses pieds ; de même, je voudrais, pour quelque temps, être changé en oiseau pour éprouver ce contentement et cette joie qu’ils ont à vivre.

– Giacomo Leopardi, Poète et Penseur Italien
Interprétation :
Le désir de devenir un oiseau exprime une aspiration à éprouver une joie de vivre plus spontanée.
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