Jusqu'ici les méthodes de mon éducation aussi bien que les circonstances ne pouvaient guère, il me semble, être plus favorables, étant donné un enfant de mon tempérament; mais la manière dont je fis mes débuts dans les lettres me paraît très contestable, et je n'introduirai pas cette méthode dans les écoles de Saint-George sans y apporter de grandes modifications. Je me refusais absolument à apprendre à lire en séparant les syllabes, tandis que j'apprenais facilement des phrases entières par cœur, montrant avec mon doigt et sans me tromper tous les mots de la page à mesure que je les prononçais. Seulement, il ne fallait pas les changer de place. Ce que voyant, ma mère renonça aux leçons de lecture, espérant qu'avec le temps je consentirais à adopter le système répandu de l'étude par syllabes. Je continuai donc à m'amuser à ma manière, à apprendre des mots entiers qui se gravaient dans ma tête comme des dessins.

– John Ruskin, Écrivain et Critique D’art Britannique
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Interprétation :
Ruskin raconte comment les mots se gravaient dans sa mémoire comme des images. Il décrit cette voie d’apprentissage tout en reconnaissant qu’il ne la reprendrait pas telle quelle pour d’autres enfants.