Citations Henri Mazel

Henri Mazel (1864–1947) est un journaliste, dramaturge et fonctionnaire français. Fondateur de la revue L’Ermitage, il appartient au milieu littéraire du symbolisme et collabore au Mercure de France. Dans Ce qu’il faut lire dans sa vie, paru en 1906 et réédité en 1917, il propose un parcours de lecture à travers les âges de la vie. Il défend une culture nourrie des grandes œuvres, tout en rappelant que les livres doivent accompagner l’expérience plutôt que l’absorber entièrement.

A trois auteurs par an, en moyenne, un peu plus pendant l’adolescence, beaucoup moins aux approches de la vieillesse, on peut ne pas redouter la fatigue. Si l’auteur proposé vous semble se répéter dans une abondance trop facile, ne lisez de lui qu’un ou deux tomes; s’il vous passionne, laissez-vous entraîner; on n’en meurt pas pour avoir avalé, en un an, vingt-deux volumes de Saint-Simon ou cinquante de Balzac.
Portrait Henri Mazel, Journaliste, dramaturge et essayiste français
– Henri Mazel, Journaliste, Dramaturge et Essayiste Français
Citation vérifiée
Henri Mazel, Ce qu’il faut lire dans sa vie, 11e édition, Paris, Mercure de France, 1917

Introduction, avant « Première période » · passage « A trois auteurs par an, en moyenne, un… »

Interprétation : Henri Mazel propose une lecture régulière tout en laissant la place au goût personnel. Le rythme de trois auteurs par an constitue un repère souple : un lecteur peut réduire une œuvre qui le lasse ou poursuivre un écrivain qui le passionne. Le programme cherche ainsi à soutenir le plaisir de lire.
Le choix des livres est chose importante, ces amis fidèles sont aussi de terribles révélateurs. Voulez-vous connaître ce que vaut mentalement un homme? Demandez-lui quel est le livre qu’il a relu le plus souvent dans sa vie.
Portrait Henri Mazel, Journaliste, dramaturge et essayiste français
– Henri Mazel, Journaliste, Dramaturge et Essayiste Français
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Henri Mazel, Ce qu’il faut lire dans sa vie, 11e édition, Paris, Mercure de France, 1917

Introduction, avant « Première période » · passage « Je présume, en effet, que les gens dont… »

Interprétation : Henri Mazel voit dans les livres souvent relus un indice des préférences et de la vie intellectuelle d’une personne. Sa question invite à regarder les fidélités du lecteur plutôt que les titres simplement possédés. Il s’agit ici d’un jugement de moraliste, et non d’un moyen de mesurer scientifiquement la valeur d’un individu.
Il ne s’agit pas d’ailleurs de mettre la main sur l’oiseau rare des bibliophiles, ni sur l’édition impeccable des philologues, mais de lire un texte suffisant dans une typographie passable.
Portrait Henri Mazel, Journaliste, dramaturge et essayiste français
– Henri Mazel, Journaliste, Dramaturge et Essayiste Français
Citation vérifiée
Henri Mazel, Ce qu’il faut lire dans sa vie, 11e édition, Paris, Mercure de France, 1917

Introduction, avant « Première période » · passage « Pour tous les auteurs, j’ai indiqué les éditions… »

Interprétation : Henri Mazel distingue la lecture d’une œuvre de la recherche d’un exemplaire rare ou d’une édition savante. Pour le parcours de culture générale qu’il propose, l’accès à un texte lisible prime sur le prestige matériel du volume. Il réserve ailleurs les éditions très commentées à une étude plus approfondie.
Pour les traductions, la question est plus complexe; il n’est pas indifférent de lire Homère dans Bitaubé ou dans Leconte de Lisle. Encore moins, pour un bilingue, de prendre la Bible anglaise de Tyndale ou la Bible française de Lemaistre de Sacy.
Portrait Henri Mazel, Journaliste, dramaturge et essayiste français
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Henri Mazel, Ce qu’il faut lire dans sa vie, 11e édition, Paris, Mercure de France, 1917

Introduction, avant « Première période » · passage « Pour les traductions, la question est plus complexe; … »

Interprétation : Henri Mazel rappelle que la rencontre avec une œuvre dépend aussi de la version choisie. Ses exemples opposent des traductions d’Homère et, pour un lecteur bilingue, des versions anglaise et française de la Bible. Le choix de langue et de traducteur participe donc à l’expérience de lecture.
Quand je citerai tel ouvrage, surtout d’histoire ou de sociologie, ce sera sans doute un livre dont j’aurai droit, l’ayant lu, de parler, mais non de le dire l’unique ou même le meilleur; plusieurs autres lui seront peut-être préférables, mais ces autres, je ne les connais pas.
Portrait Henri Mazel, Journaliste, dramaturge et essayiste français
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Henri Mazel, Ce qu’il faut lire dans sa vie, 11e édition, Paris, Mercure de France, 1917

Introduction, avant « Première période » · passage « Est-il besoin d’ajouter que tout, en cette causerie,… »

Interprétation : Henri Mazel précise les limites de ses recommandations. Avoir lu un livre lui permet d’en parler, sans l’autoriser à le déclarer unique ou supérieur à des ouvrages qu’il ignore. Cette réserve accompagne son projet de guide personnel, qui ne prétend pas constituer un classement exhaustif.
A ne jamais sortir des bibliothèques, il vaudrait mieux n’y jamais entrer.
Portrait Henri Mazel, Journaliste, dramaturge et essayiste français
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Citation vérifiée
Henri Mazel, Ce qu’il faut lire dans sa vie, 11e édition, Paris, Mercure de France, 1917

Introduction, avant « Première période » · passage « Aurai-je eu tort, en ce cas, de ne… »

Interprétation : Henri Mazel formule un avertissement contre une vie entièrement enfermée dans les livres. Le contexte affirme que la lecture doit servir l’existence et laisser place à la rencontre des personnes et du monde. La formule défend cet équilibre au sein même d’un ouvrage consacré aux livres.

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