Paul Claudel (1868–1955) est un poète, dramaturge, essayiste et diplomate français, membre de l’Académie française. Sa foi catholique occupe une place centrale dans son œuvre, notamment dans L’Annonce faite à Marie et Le Soulier de satin. Les extraits présentés ici viennent de sa préface signée au livre de Jacques Rivière, À la trace de Dieu, paru en1925.
Un grand livre, un livre promis à une longue carrière de bienfaisance, quelle émotion d’être le premier à l’avoir lu, à le tenir entre ses mains, d’assister à cette source!
– Paul Claudel, Poète, Dramaturge et Diplomate Français
Interprétation :
Claudel exprime son émotion de découvrir le livre posthume de son ami Jacques Rivière. Il compare cette première lecture à la rencontre d’une source encore neuve.
Qu’il s’agisse de Dieu ou d’un arbre, nous ne pouvons pas l’épuiser avec notre définition.
– Paul Claudel, Poète, Dramaturge et Diplomate Français
Interprétation :
Dans sa réflexion sur Dieu et la réalité, Claudel distingue une définition de ce qu’elle désigne. Selon lui, le langage ne peut épuiser toute la richesse d’un être.
Il a des grands observateurs la douceur, la sympathie, la patience, l’absence de parti-pris, l’art de questionner, l’habitation de son sujet.
– Paul Claudel, Poète, Dramaturge et Diplomate Français
Interprétation :
Claudel décrit ici Jacques Rivière comme un observateur patient et attentif. Il associe la qualité de l’analyse à la sympathie, à l’écoute et à une fréquentation prolongée du sujet.
Il a à concerter son propre mouvement avec une multitude de mouvements qui ne dépendent pas de lui.
– Paul Claudel, Poète, Dramaturge et Diplomate Français
Interprétation :
Claudel situe la liberté humaine dans un monde d’événements et d’autres volontés. Agir consiste, dans son raisonnement, à coordonner son initiative avec ce que l’on ne maîtrise pas.
En désirant le bien, nous lui permettons sur ce point de réaliser le mieux.
– Paul Claudel, Poète, Dramaturge et Diplomate Français
Interprétation :
Dans sa conception chrétienne de la prière, Claudel voit le désir du bien comme une coopération avec Dieu. La phrase exprime cette conviction religieuse de l’auteur.
Il s’agit de planter un principe si puissant qu’il accapare et informe peu à peu toutes les forces de l’âme, comme le levain qui s’empare de la pâte; il élimine en construisant.
– Paul Claudel, Poète, Dramaturge et Diplomate Français
Interprétation :
Claudel compare l’action de la morale chrétienne à celle du levain. Il décrit une transformation progressive qui développe les forces de l’âme plutôt qu’une simple accumulation d’interdictions.