Citations Quintilien
L’Institution oratoire est l’œuvre à laquelle reste attaché le nom de Quintilien. Ce professeur et avocat latin du Ier siècle exerce à Rome, où il enseigne l’éloquence. Son traité devient une référence durable pour la formation des orateurs. En savoir plus
Enfin, à l’égard des pédagogues, ce que j’ai à recommander par-dessus tout, c’est qu’ils soient véritablement instruits, ou qu’ils sachent du moins qu’ils ne le sont pas; car je ne connais rien de pire que ces gens qui, pour avoir une légère teinture des lettres, s’imaginent être savants : dans cette fausse opinion d’eux-mêmes, ils croient en savoir plus que tous les maîtres; et, abusant d’un certain pouvoir qui enfle ordinairement la vanité des hommes de cette espèce, ils sont impérieux, quelquefois cruels, et communiquent leur sottise à leurs élèves.

– Quintilien, Rhéteur Romain
Interprétation :
Un enseignant qui ignore les limites de son savoir risque d’imposer ses erreurs avec arrogance et de les transmettre aux élèves.
Mais, selon moi, ces deux choses sont inséparables; je ne pense pas qu’on puisse être orateur sans être homme de bien; et, quand cela serait possible, je ne le voudrais pas.

– Quintilien, Rhéteur Romain
Interprétation :
Le talent de convaincre doit aller avec une conduite honnête : l’éloquence ne suffit pas à faire un bon orateur.
Le véritable foyer de l’éloquence, c’est l’âme : il faut qu’elle soit émue, il faut qu’elle se remplisse d’images, et qu’elle s’identifie pour ainsi dire avec les choses dont on a à parler. Plus l’âme est généreuse et élevée, plus il lui faut de puissants leviers pour l’ébranler.

– Quintilien, Rhéteur Romain
Interprétation :
Une parole forte naît d’une émotion vécue et d’une imagination engagée dans son sujet.
Un maître habile doit commencer par bien connaître l’esprit et la nature de l’enfant qui lui est confié. Le principal indice de l’esprit dans le jeune âge, c’est la mémoire, laquelle consiste à apprendre aisément et à bien retenir.

– Quintilien, Rhéteur Romain
Interprétation :
Pour bien enseigner, il faut d’abord observer les capacités de l’enfant, notamment sa manière d’apprendre et de retenir.
L’enfant vraiment spirituel, comme je l’entends, sera bon avant tout. Autrement, j’aimerais autant qu’il eût l’esprit lourd que de l’avoir méchant. Mais cette bonté n’aura rien de commun avec la pesanteur et l’inertie.

– Quintilien, Rhéteur Romain
Interprétation :
L’intelligence n’a de valeur éducative que si elle s’accompagne de bonté, sans se confondre avec la passivité.
Ces espèces d’esprits précoces n’arrivent presque jamais à maturité. On les reconnaît à leur facilité à faire de petites choses; secondés d’une certaine audace, ils font voir tout d’abord ce qu’ils peuvent en ce genre; mais ce qu’ils peuvent ne s’étend pas loin. Ils articulent plusieurs mots de suite, et les prononcent d’un air assuré, sans hésiter, sans crainte de mal dire; ils ne font pas beaucoup, mais ils font vite. Leur force est toute superficielle; elle ne s’appuie pas sur de profondes racines, et ressemble à ces semences tombées à fleur de terre, qui lèvent incontinent, et dont les petites herbes ne produiront que des épis vides, avant le temps de la moisson.

– Quintilien, Rhéteur Romain
Interprétation :
Une facilité précoce et spectaculaire peut rester superficielle si elle ne se transforme pas en compréhension solide.
Après avoir fait ces remarques, le maître examinera comment l’esprit des enfants veut être manié. Il en est qui se relâchent, si on ne les presse incessamment; il en est qui ne peuvent se plier à aucun joug; la crainte retient les uns, elle énerve les autres. Ceux-ci ne produisent rien qu’à force de labeur; ceux-là plutôt par impétueuses saillies.

– Quintilien, Rhéteur Romain
Interprétation :
Les élèves ne progressent pas tous sous les mêmes encouragements ou contraintes ; le maître doit adapter sa manière de les guider.
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