Citations Albert Mathiez

Albert Mathiez (1874–1932) est un historien français spécialiste de la Révolution française. Ses recherches portent notamment sur Robespierre, les mouvements populaires et les conflits politiques de cette période. Dans Les grandes journées de la Constituante, publié en 1913, il associe des documents contemporains à ses propres analyses. Son interprétation accorde une place centrale aux oppositions sociales au sein du mouvement révolutionnaire.

Les Jacobins s'occupent avant tout de la rédaction des lois, les Cordeliers de leur mise en pratique. Les Amis de la Vérité formulent les théories, les Amis des droits de l'homme s'intéressent aux faits de la vie courante. Ils ne chérissent pas la Liberté, l'Égalité en paroles. Ils en exigent la consécration dans les réalités.
Portrait Albert Mathiez, Historien français de la révolution
– Albert Mathiez, Historien Français de La Révolution
Citation vérifiée
Albert Mathiez, Les grandes journées de la Constituante (ouvrage publié à Paris, Hachette, 1913), transcription Project Gutenberg no 9818.

Chapitre VI, « Le Massacre du Champ-de-Mars », « Les Grands Clubs » · passage « Les Jacobins s'occupent avant tout de la rédaction… »

Interprétation : Albert Mathiez distingue ici le travail législatif des Jacobins de l’action quotidienne des Cordeliers. Il souligne que ces derniers cherchent à faire appliquer les principes proclamés et à défendre concrètement les personnes lésées. Cette comparaison relève de son analyse des clubs révolutionnaires en 1791.
On ne comprend rien aux événements qui ont suivi la fuite du Roi si on n'a pas constamment présente à l'esprit cette lutte sociale. L'événement de Varennes fut exploité par les deux partis patriotes qui essayèrent de le faire tourner à leur avantage. Je ne mets pas en doute que si Louis XVI ne fut pas détrôné en juin 1791, c'est à cet antagonisme des classes qu'il le dût. Il fut l'enjeu de leur combat.
Portrait Albert Mathiez, Historien français de la révolution
– Albert Mathiez, Historien Français de La Révolution
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Albert Mathiez, Les grandes journées de la Constituante (ouvrage publié à Paris, Hachette, 1913), transcription Project Gutenberg no 9818.

Chapitre VI, « Le Massacre du Champ-de-Mars », « Le Mouvement cordelier » · passage « On ne comprend rien aux événements qui ont… »

Interprétation : Albert Mathiez propose de lire les suites de Varennes à travers les conflits sociaux qui divisent les patriotes. Il estime que ces rivalités ont contribué au maintien de Louis XVI en juin 1791. Ce passage exprime une thèse de l’historien sur cette crise, plutôt qu’une explication générale de toute révolution.
Avant Varennes, les républicains n'étaient qu'une poignée de littérateurs et de publicistes. Leur propagande était toute théorique, presque académique. Le parjure royal donna à leurs idées une actualité saisissante.
Portrait Albert Mathiez, Historien français de la révolution
– Albert Mathiez, Historien Français de La Révolution
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Albert Mathiez, Les grandes journées de la Constituante (ouvrage publié à Paris, Hachette, 1913), transcription Project Gutenberg no 9818.

Chapitre VI, « Le Massacre du Champ-de-Mars », « Les Républicains » · passage « Avant Varennes, les républicains n'étaient qu'une poignée de… »

Interprétation : Albert Mathiez décrit le passage d’une propagande républicaine encore théorique à une question politique immédiate. La fuite de Louis XVI, perçue comme une trahison de ses engagements, aurait donné aux idées républicaines une portée nouvelle. La remarque concerne la situation de juin 1791.
Quoi qu'il en soit, que Robespierre ait été dans la vérité ou dans l'erreur en prêtant des arrière-pensées aux républicains du groupe Brissot-Condorcet, il est certain que les divisions des républicains démocrates (ceux du groupe cordelier) et des républicains conservateurs (ceux du groupe Condorcet) ont paralysé jusqu'à un certain point l'opposition qu'ils firent au maintien de la monarchie.
Portrait Albert Mathiez, Historien français de la révolution
– Albert Mathiez, Historien Français de La Révolution
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Albert Mathiez, Les grandes journées de la Constituante (ouvrage publié à Paris, Hachette, 1913), transcription Project Gutenberg no 9818.

Chapitre VI, « Le Massacre du Champ-de-Mars », « Les Républicains » · passage « Quoi qu'il en soit, que Robespierre ait été… »

Interprétation : Albert Mathiez laisse ouverte la question des intentions que Robespierre prêtait à ses adversaires. Il affirme en revanche que les divisions entre républicains démocrates et conservateurs ont affaibli leur opposition à la monarchie. La réserve initiale et l’expression « jusqu’à un certain point » limitent explicitement son jugement.
Déjà toute la partie conservatrice des jacobins avait fait scission le 16 juillet et avait fondé un nouveau club, le club des Feuillans, qui se proposa la tâche impossible de réconcilier Louis XVI avec la Révolution et la Révolution avec Louis XVI. Le massacre rendit la scission irrémédiable.
Portrait Albert Mathiez, Historien français de la révolution
– Albert Mathiez, Historien Français de La Révolution
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Albert Mathiez, Les grandes journées de la Constituante (ouvrage publié à Paris, Hachette, 1913), transcription Project Gutenberg no 9818.

Chapitre VI, « Le Massacre du Champ-de-Mars », « Les Conséquences » · passage « Déjà toute la partie conservatrice des jacobins avait… »

Interprétation : Albert Mathiez juge impossible le projet des Feuillans de concilier durablement Louis XVI et la Révolution. Il distingue la scission du 16 juillet 1791 du massacre survenu le lendemain, qui aurait rendu la rupture irréversible. Le passage porte sur une impasse politique précise.
La petite terreur tricolore dura jusqu'à l'amnistie du 13 septembre votée au lendemain du jour où Louis XVI avait accepté la Constitution révisée. Si l'amnistie ouvrit les prisons, elle laissa au coeur des démocrates de terribles rancunes.
Portrait Albert Mathiez, Historien français de la révolution
– Albert Mathiez, Historien Français de La Révolution
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Albert Mathiez, Les grandes journées de la Constituante (ouvrage publié à Paris, Hachette, 1913), transcription Project Gutenberg no 9818.

Chapitre VI, « Le Massacre du Champ-de-Mars », « Les Conséquences » · passage « Plusieurs centaines de patriotes furent emprisonnés: les principaux… »

Interprétation : Albert Mathiez souligne la différence entre la fin juridique d’une répression et la disparition de ses effets politiques. L’amnistie de septembre 1791 libère les prisonniers sans effacer, selon son analyse, les rancunes des démocrates. Il relie ainsi les mesures institutionnelles à la mémoire des violences subies.

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