Citations Dominique Jean Larrey

Soigner les blessés au plus près du combat guide les innovations de Dominique-Jean Larrey (1766–1842). Ce chirurgien militaire français développe l’usage d’ambulances mobiles pendant les campagnes de la Révolution et de l’Empire. Devenu chirurgien en chef de la Grande Armée, il contribue à l’histoire de la médecine d’urgence. En savoir plus

Cette Dissertation étant basée sur des principes qui sont le résultat des faits que j’ai observés dans l’ambulance volante, créée par moi, sous vos auspices, à l’armée du Rhin, en 1793, j’ose vous la dédier, et vous prie de l’accepter comme un hommage dû à vos vertus et à la faveur spéciale que vous avez accordée à cette ambulance, dont l’établissement a contribué avec tant de succès au salut d’un grand nombre de Défenseurs de l’État qui sans elle auraient péri sur le champ de bataille.
Portrait Dominique Jean Larrey, Chirurgien français – Dominique Jean Larrey, Chirurgien Français
Interprétation : Larrey dédie sa dissertation au soutien de ses ambulances volantes et présente ses observations de terrain comme la base de son travail.
La nécessité de l’amputation, à la suite des plaies d’armes à feu, et le tems où il faut la faire, ont été l’objet de la question importante que l’Académie de Chirurgie de Paris proposa en l’année 1754. Après de longs débats, produits par la diversité des opinions, elle se décida en faveur du mémoire de Faure, qu’elle couronna du grand prix, en 1756. Les principes de cet auteur ont été professés et suivis, depuis, par presque tous les praticiens ; en sorte que l’humanité souffrante a eu long-tems à gémir de se voir privée des prompts secours que les grandes blessures nécessitent sur le champ de bataille.
Portrait Dominique Jean Larrey, Chirurgien français – Dominique Jean Larrey, Chirurgien Français
Interprétation : Larrey critique les doctrines chirurgicales de son époque lorsqu’elles retardent, selon son expérience, les secours nécessaires aux blessés.
Plus d’une fois je me suis convaincu, pendant mes dernières campagnes sur terre et sur mer, de la vérité des principes que j’établis dans cette dissertation. Ces principes ont pour objet, 1°. de déterminer les cas où l’opération doit être faite sur-le-champ, ou peu de tems après l’accident ; 2°. ceux où il faut temporiser ; 3°. ceux dans lesquels on peut espérer de conserver le membre, quoique l’amputation ait été assez généralement conseillée. Les succès constans que j’ai obtenus dans l’application de ces préceptes, me persuadent qu’ils remplissent l’intention de la nature, c’est-à-dire le but que se propose tout ami de l’humanité.
Portrait Dominique Jean Larrey, Chirurgien français – Dominique Jean Larrey, Chirurgien Français
Interprétation : Larrey explique chercher à distinguer les situations où intervenir, attendre ou préserver un membre, à partir de son expérience des campagnes.
Je puis même dire que sans l’activité de l’ambulance volante de l’armée du Rhin, qui a toujours pansé les blessés sur le champ de bataille, un grand nombre aurait perdu la vie par ce seul accident.
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Interprétation : Larrey attribue aux soins apportés rapidement sur le champ de bataille la survie de nombreux blessés menacés d’hémorragie.
À Perpignan, à l’hôpital Brutus, je visitai en arrivant, deux militaires, auxquels on avait fait l’amputation sept à huit jours après le coup de feu qu’ils avaient reçu à l’affaire du 26 thermidor, deuxième année. Le premier avait eu une jambe emportée, et l’autre avait perdu le bras droit. Malgré tous mes soins, je ne pus leur sauver la vie ; l’un périt du tétanos, et l’autre de la gangrène.
Portrait Dominique Jean Larrey, Chirurgien français – Dominique Jean Larrey, Chirurgien Français
Interprétation : Larrey rapporte son impuissance devant la mort de deux blessés qu’il avait reçus après des opérations tardives.
Je voulais faire l’amputation sur-le-champ, mais me trouvant à portée de consulter un de mes collègues très-habile, je m’empressai de lui demander son avis : il jugea à propos de ne point faire l’opération, persuadé qu’on pouvait conserver le membre au blessé. Je souscrivis avec peine à cette décision ; je me bornai donc à faire quelques incisions à la peau désorganisée, et à appliquer un appareil à fracture, imbibé d’eau marinée. L’état critique où je me trouvais alors, ne me permit pas de garder ce blessé, pour pouvoir l’opérer dans un autre moment. Je l’envoyai à mon ami Ribes, chirurgien de première classe, à l’hôpital de Figuières, avec invitation de l’amputer le plus promptement possible. Il n’osa prendre sur lui, avec raison, de faire une opération majeure, sans consulter ses chefs qui se trouvaient à Figuières, lesquels furent aussi d’avis de la différer. Cependant, la même nuit, toute la jambe se sphacéla, et le malade mourut le surlendemain.
Portrait Dominique Jean Larrey, Chirurgien français – Dominique Jean Larrey, Chirurgien Français
Interprétation : Larrey raconte un désaccord entre chirurgiens et les délais successifs qui ont précédé la mort d’un blessé.
Je ne m’arrêterai pas à combattre cette opinion erronée, quoique préconisée par Ravaton, Bilguer et plusieurs autres chirurgiens de réputation. Il suffit d’avoir fait quelques ouvertures de cadavres des personnes mortes à la suite de ces coups, pour reconnaître cette erreur ; d’ailleurs le mémoire de Levacher, inséré parmi ceux de l’académie, ne laisse rien à desirer à ce sujet.
Portrait Dominique Jean Larrey, Chirurgien français – Dominique Jean Larrey, Chirurgien Français
Interprétation : Larrey oppose l’examen des corps à une explication admise par des chirurgiens réputés, afin de défendre une conclusion fondée sur l’observation.

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