Citations Francis Chevassu

Francis Chevassu (1861–1918) est un journaliste et critique littéraire français. Son recueil Visages, publié en 1904 et récompensé par le prix de Jouy de l’Académie française en 1905, rassemble des portraits d’écrivains, de journalistes et de personnalités politiques. Il y revendique une approche personnelle, attentive aux caractères et aux impressions que ses contemporains lui inspirent.

Le portraitiste fait de la partialité son privilège, et presque son devoir: il n'annonce que des impressions.
Portrait Francis Chevassu, Journaliste et critique littéraire français
– Francis Chevassu, Journaliste et Critique Littéraire Français
Citation vérifiée
Francis Chevassu, Visages, Paris, Alphonse Lemerre, 1904.

Lettre dédicatoire « À Gaston Calmette » · passage « Ils ne sont pas d’un critique… »

Interprétation : Francis Chevassu revendique le caractère personnel du portrait littéraire. Dans sa dédicace à Gaston Calmette, il distingue les impressions du portraitiste des jugements définitifs du critique. La partialité devient ici une limite reconnue de son regard, ainsi qu’un principe de sa méthode.
Il est rare que la soixantaine voit fleurir des idées dont la vingtième année ne portait point le germe. Si l'on observe, en effet, M. François Coppée avec soin, les contradictions s'effacent, les phénomènes s'enchaînent et l'harmonie de la destinée apparaît.
Portrait Francis Chevassu, Journaliste et critique littéraire français
– Francis Chevassu, Journaliste et Critique Littéraire Français
Citation vérifiée
Francis Chevassu, Visages, Paris, Alphonse Lemerre, 1904.

Chapitre « François Coppée » · passage « Il est rare que la soixantaine… »

Interprétation : Francis Chevassu voit dans les idées tardives d’un écrivain le développement de dispositions anciennes. Son portrait de François Coppée rapproche ainsi le jeune poète et le militant plus âgé. La formule exprime une lecture de cette continuité personnelle, avec la réserve « il est rare », plutôt qu’une loi générale du vieillissement.
Ces «libertinages» sont des jeux exquis et dangereux. Le coup de passion guette sans cesse les êtres charmants et volages qui, à force de posséder, finissent par être possédés à leur tour.
Portrait Francis Chevassu, Journaliste et critique littéraire français
– Francis Chevassu, Journaliste et Critique Littéraire Français
Citation vérifiée
Francis Chevassu, Visages, Paris, Alphonse Lemerre, 1904.

Chapitre « Jules Lemaître » · passage « Ces “libertinages” sont des jeux… »

Interprétation : Francis Chevassu décrit le risque qu’un jeu avec les idées se transforme en engagement passionné. Dans son portrait de Jules Lemaître, les « libertinages » désignent d’abord la mobilité et le plaisir de l’esprit. La métaphore souligne le passage d’une liberté de choix à une conviction qui finit par dominer celui qui l’adopte.
On peut détester M. Brunetière,--la haine d'ailleurs n'est point un si banal hommage!--trouver son joug insupportable, sa tyrannie impertinente: il ne saurait laisser indifférent. Il est une force, et la force aussi est une grâce chez un homme. Néanmoins ce virtuose qui soulève, sans apparent effort, des paradoxes considérables, laisse au lecteur subjugué une sorte d'inquiétude. Son prosélytisme est-il l'acte de foi d'un croyant ou le scrupule d'un directeur de conscience soucieux de ses responsabilités, qui se propose d'assurer, par une obligeante tutelle, notre bonheur, sans nous mettre dans la confidence de sa politique?
Portrait Francis Chevassu, Journaliste et critique littéraire français
– Francis Chevassu, Journaliste et Critique Littéraire Français
Citation vérifiée
Francis Chevassu, Visages, Paris, Alphonse Lemerre, 1904.

Chapitre « M. Brunetière » · passage « On peut détester M. Brunetière… »

Interprétation : Francis Chevassu reconnaît la puissance intellectuelle de Ferdinand Brunetière tout en s’inquiétant de son autorité sur les consciences. L’admiration ne supprime pas le doute sur les intentions du prosélytisme. La question finale laisse ouverte l’opposition entre une foi personnelle et la volonté de diriger les autres.
Cependant, au second examen, les boulevardiers confessent un autre caractère. Ces bohèmes sont des hommes rangés, ces fantaisistes sont ponctuels; ces libertins sont respectueux de la hiérarchie. Leur existence, réglée avec méthode et dénuée d'imprévu, tourne autour d'habitudes et de potins familiers,--comme celle de bureaucrates ou de bourgeois de petite ville. S'ils ignorent où ils vont dans la vie, ils savent où ils se rendent chaque jour. Ils sont exacts à leurs plaisirs, tels des administrateurs à leurs affaires.
Portrait Francis Chevassu, Journaliste et critique littéraire français
– Francis Chevassu, Journaliste et Critique Littéraire Français
Citation vérifiée
Francis Chevassu, Visages, Paris, Alphonse Lemerre, 1904.

Chapitre « Aurélien Scholl » · passage « Cependant, au second examen… »

Interprétation : Francis Chevassu oppose la réputation libre des boulevardiers à la régularité de leurs habitudes. Dans son portrait d’Aurélien Scholl, les plaisirs quotidiens forment une routine presque administrative. L’ironie vise ce milieu parisien particulier, dont la fantaisie affichée s’accommode d’une vie soigneusement réglée.
LES personnages illustres offrent rarement une agréable surprise et un motif nouveau d'enthousiasme au curieux qui les observe dans le particulier. Pour ces êtres d'exception, l'homme privé ajoute peu à l'homme public. Les uns ont une âme trop inégale à leur génie: ils portent gauchement, comme une parure étrangère, une renommée dont le sort, dirait-on, les gratifia par mégarde. L'indigence de leur caractère les réduit au rôle d'éminents spécialistes. Les autres ne disposent pas des ressources intellectuelles qui suffiraient à leurs aspirations morales.
Portrait Francis Chevassu, Journaliste et critique littéraire français
– Francis Chevassu, Journaliste et Critique Littéraire Français
Citation vérifiée
Francis Chevassu, Visages, Paris, Alphonse Lemerre, 1904.

Chapitre « Émile Ollivier » · passage « Les personnages illustres offrent rarement… »

Interprétation : Francis Chevassu distingue la renommée publique et les qualités personnelles. Son jugement souligne les écarts possibles entre le talent, le caractère et les aspirations morales. Ce constat ouvre un portrait d’Émile Ollivier, qu’il présente ensuite comme une exception réunissant les qualités que d’autres séparent.

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