Alfred Jarry (1873–1907) est un écrivain, poète et dramaturge français, également dessinateur et graveur. Il est notamment connu pour Ubu roi, dont la langue et la satire ont marqué le théâtre moderne. Les passages retenus font entendre le Père Ubu et la Mère Ubu : leurs propos appartiennent à la fiction et ne représentent pas des déclarations personnelles de Jarry.
Maintenant que je n'ai plus besoin de lui il peut bien se brosser le ventre, il n'aura point son duché.
Interprétation :
Dans Ubu roi, le Père Ubu refuse de récompenser un allié devenu inutile à ses yeux. Jarry fait entendre l’ingratitude et l’opportunisme de son personnage.
Écoute, encore une fois, je suis sûre que le jeune Bougrelas l'emportera, car il a pour lui le bon droit.
Interprétation :
La Mère Ubu avertit son mari que Bougrelas conserve la force du droit. Dans la pièce, cette parole oppose la légitimité du prince à la confiance brutale de l’usurpateur.
Interprétation :
Le Père Ubu prétend que l’injustice peut valoir la justice. Cette question grotesque caractérise le tyran et son refus de toute limite morale.
J'ai l'honneur de vous annoncer que pour enrichir le royaume je vais faire périr tous les Nobles et prendre leurs biens.
Interprétation :
Dans Ubu roi, le Père Ubu déguise la spoliation et le meurtre en politique d’enrichissement du royaume. La formule cérémonieuse rend plus visible la brutalité de son pouvoir.
Vous aurez les amendes que vous prononcerez et les biens des condamnés à mort.
Interprétation :
Le Père Ubu propose que les juges vivent des sanctions qu’ils prononcent. Le refus des magistrats souligne, dans la satire, la corruption d’une justice intéressée à condamner.
Comment, je veux tout changer, moi. D'abord je veux garder pour moi la moitié des impôts.
Interprétation :
Le Père Ubu annonce qu’il gardera une partie des impôts pour lui. La pièce transforme la prétendue réforme financière en aveu d’appropriation du bien public.