J’étais toujours à lire, quand j’en avais, dit Catherine, et M. Heathcliff ne lit jamais, de sorte qu’il s’est mis dans la tête de détruire mes livres. Pendant des semaines, je n’en ai pas vu un. Une fois, seulement, j’ai mis la main sur la bibliothèque théologique de Joseph, à sa grande colère ; et une autre fois, Hareton, j’ai trouvé un stock de livres caché dans votre chambre, quelques livres de latin et de grec, des livres de contes et de poésies, ces derniers rapportés par moi de la Grange. Vous me les avez volés, simplement pour le plaisir de m’en priver. Ils ne peuvent vous être d’aucun usage, évidemment, vous les avez cachés pour empêcher que personne n’en tirât profit. Peut-être est-ce vous qui, par jalousie, avez conseillé à M. Heathcliff de me priver de mes livres ? Mais j’ai la plupart d’entre eux écrits dans ma tête et dans mon cœur, et de ceux-là vous ne pouvez pas me priver.

– Emily Brontë, Romancière et Poétesse Britannique
Interprétation :
La jeune Catherine défend la lecture comme une liberté intérieure que la confiscation des livres ne peut entièrement supprimer.