Citations Étienne Grosclaude

Étienne Grosclaude (1858–1932) est un journaliste, chroniqueur et humoriste français, qui signe notamment Philidor dans Gil Blas. Également promoteur de la colonisation, il s’intéresse aux relations entre les puissances européennes. Dans Une politique européenne, publié en 1899 pendant la guerre du Transvaal, il défend un rapprochement continental pour faire contrepoids à la puissance britannique.

Le réveil de l'Europe, à l'heure où nous voici, n'aurait assurément rien de prématuré, mais la condition physiologique la plus nécessaire pour se réveiller, c'est de ne pas être mort. Il faudrait donc au préalable s'assurer si dame Europe est défunte, ou si elle est seulement assoupie.
Portrait Étienne Grosclaude, Journaliste, chroniqueur et essayiste français
– Étienne Grosclaude, Journaliste, Chroniqueur et Essayiste Français
Citation vérifiée
Interprétation : Étienne Grosclaude se demande si l’Europe forme encore une force capable d’agir. Le réveil et la mort servent de métaphores à son doute sur la cohésion du continent. Cette entrée en matière prépare, dans le contexte de la guerre du Transvaal en 1899, son appel à une action commune des puissances européennes.
Il est toutefois incontestable que, depuis un certain temps, les deux groupes antagonistes, obéissant l'un et l'autre au seul instinct de la conservation, portent parallèlement leurs efforts vers un unique objectif, qui est la paix de l'Europe; ce n'est un secret pour personne que, dès son origine, la Triplice eut un caractère exclusivement défensif, prévoyante entreprise de cimentation du bloc improvisé dans l'Europe centrale et longtemps exposé à un retour offensif de ceux à qui l'on en avait arraché la dernière pierre.
Portrait Étienne Grosclaude, Journaliste, chroniqueur et essayiste français
– Étienne Grosclaude, Journaliste, Chroniqueur et Essayiste Français
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Interprétation : Étienne Grosclaude attribue aux deux blocs européens un intérêt commun pour la paix. Il insiste sur l’instinct de conservation qui peut rapprocher des puissances antagonistes. Cette lecture des alliances de 1899 soutient son projet de coopération continentale et reste celle d’un polémiste engagé dans les rivalités de son temps.
Le procédé syndicataire est plus indiqué que tout autre pour une opération de cette nature; il présente notamment l'avantage d'unir les intérêts sans lier les parties, qui conservent toute leur liberté d'action en dehors de l'objet spécial pour lequel est constitué le syndicat. Il n'a pas les exigences étroites de l'association, ni ses promiscuités; on a des intérêts communs, mais cela n'engage à rien pour les relations personnelles, et les porteurs de parts ne sont aucunement tenus de se saluer quand ils se rencontrent.
Portrait Étienne Grosclaude, Journaliste, chroniqueur et essayiste français
– Étienne Grosclaude, Journaliste, Chroniqueur et Essayiste Français
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Interprétation : Étienne Grosclaude imagine une coopération limitée à des intérêts précis, sans réconciliation générale entre ses participants. Le vocabulaire du syndicat d’affaires lui permet de distinguer l’action commune et les relations personnelles. Dans cet essai colonial de 1899, il applique ce modèle à une entente temporaire entre puissances européennes.
Voilà de formidables problèmes qu'il serait urgent de résoudre et qu'il est intéressant d'examiner en parvenant à ce carrefour historique, devant lequel sont en passe d'hésiter indéfiniment nos diplomates de bureau, comparables à Hercule seulement par une indécision qui, en se prolongeant davantage, les assimilerait plus justement au quadrupède philosophique de Buridan.
Portrait Étienne Grosclaude, Journaliste, chroniqueur et essayiste français
– Étienne Grosclaude, Journaliste, Chroniqueur et Essayiste Français
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Interprétation : Étienne Grosclaude reproche aux diplomates leur hésitation devant des décisions qu’il juge urgentes. Les références à Hercule et à l’âne de Buridan donnent à cette critique une forme ironique. La formule conclut les questions par lesquelles il introduit son projet d’entente européenne pendant la guerre du Transvaal.
Mais, s'il est curieux d'observer les impressions que laissent paraître les journaux qui expriment l'opinion publique et ceux qui prétendent la conduire, il est plus intéressant encore et plus concluant de rechercher, dans les faits matériels, les conditions permanentes du grand problème qui se trouve posé entre l'Angleterre et l'Allemagne, depuis que celle-ci a ajouté à la situation prépondérante où l'éleva brusquement sa formidable puissance militaire les avantages d'un développement économique dont la marche foudroyante terrifie, et, je dirais presque, décourage toute concurrence.
Portrait Étienne Grosclaude, Journaliste, chroniqueur et essayiste français
– Étienne Grosclaude, Journaliste, Chroniqueur et Essayiste Français
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Interprétation : Étienne Grosclaude distingue les réactions de la presse et les conditions matérielles d’une rivalité internationale. Pour comprendre les rapports entre l’Allemagne et l’Angleterre, il privilégie ici les forces militaires et économiques. Ce choix de méthode s’inscrit dans son interprétation des tensions européennes à la fin du XIXe siècle.
L'instinct vital de la solidarité est trop puissant dans ce pays pour laisser prise à une tactique qui s'efforce visiblement d'isoler chacun des partenaires européens dans la satisfaction momentanée d'un appétit au préjudice du bien durable de la collectivité.
Portrait Étienne Grosclaude, Journaliste, chroniqueur et essayiste français
– Étienne Grosclaude, Journaliste, Chroniqueur et Essayiste Français
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Interprétation : Étienne Grosclaude oppose la satisfaction immédiate d’un intérêt particulier au bien durable d’une collectivité. Il applique cette idée à l’Allemagne et à ses relations avec les autres puissances continentales. L’éloge de la solidarité sert son argument en faveur d’une entente européenne contre la politique britannique qu’il combat en 1899.

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