Citations François Coppée

François Coppée (1842–1908) est un poète, dramaturge et romancier français, élu à l’Académie française en 1884. Dans Promenades et intérieurs, il donne une place poétique aux scènes ordinaires, aux promenades et à la vie domestique.

Prisonnier d'un bureau, je connais le plaisir De goûter, tous les soirs, un moment de loisir. Je rentre lentement chez moi, je me délasse Aux cris des écoliers qui sortent de la classe; Je traverse un jardin, où j'écoute, en marchant, Les adieux que les nids font au soleil couchant, Bruit pareil à celui d'une immense friture. Content comme un enfant qu'on promène en voiture, Je regarde, j'admire, et sens avec bonheur Que j'ai toujours la foi naïve du flâneur.
Portrait François Coppée, Poète et dramaturge français
– François Coppée, Poète et Dramaturge Français
Citation vérifiée
Interprétation : Coppée trouve dans la promenade après le travail un plaisir simple: le regard disponible transforme les sons et les mouvements ordinaires de la ville en moments de bonheur.
Un rêve de bonheur qui souvent m'accompagne, C'est d'avoir un logis donnant sur la campagne, Près des toits, tout au bout du faubourg prolongé, Où je vivrais ainsi qu'un ouvrier rangé. C'est là, me semble-t-il, qu'on ferait un bon livre. En hiver, l'horizon des coteaux blancs de givre; En été, le grand ciel et l'air qui sent les bois; Et les rares amis, qui viendraient quelquefois Pour me voir, de très loin, pourraient me reconnaître, Jouant du flageolet, assis à ma fenêtre.
Portrait François Coppée, Poète et dramaturge français
– François Coppée, Poète et Dramaturge Français
Citation vérifiée
Interprétation : Le poète imagine un bonheur modeste, fait de calme, de proximité avec la nature, de travail littéraire et de visites amicales.
Volupté des parfums! -- Oui, toute odeur est fée. Si j'épluche, le soir, une orange échauffée, Je rêve de théâtre et de profonds décors; Si je brûle un fagot, je vois, sonnant leurs cors, Dans la forêt d'hiver les chasseurs faire halte; Si je traverse enfin ce brouillard que l'asphalte Répand, infect et noir, autour de son chaudron, Je me crois sur un quai parfumé de goudron, Regardant s'avancer, blanche, une goélette Parmi les diamants de la mer violette.
Portrait François Coppée, Poète et dramaturge français
– François Coppée, Poète et Dramaturge Français
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Interprétation : Les odeurs réveillent chez Coppée des paysages imaginaires: un parfum familier suffit à transporter l’esprit vers le théâtre, la forêt ou le voyage en mer.
C'est vrai, j'aime Paris d'une amitié malsaine; J'ai partout le regret des vieux bords de la Seine. Devant la vaste mer, devant les pics neigeux, Je rêve d'un faubourg plein d'enfance et de jeux, D'un coteau tout pelé d'où ma Muse s'applique À noter les tons fins d'un ciel mélancolique, D'un bout de Bièvre, avec quelques champs oubliés, Où l'on tend une corde aux troncs des peupliers Pour y faire sécher la toile et la flanelle, Ou d'un coin pour pêcher dans l'île de Grenelle.
Portrait François Coppée, Poète et dramaturge français
– François Coppée, Poète et Dramaturge Français
Citation vérifiée
Interprétation : Coppée décrit son attachement presque excessif à Paris: les lieux familiers de l’enfance et de la promenade l’emportent, pour lui, sur les paysages grandioses.
J'adore la banlieue avec ses champs en friche Et ses vieux murs lépreux, où quelque ancienne affiche Me parle de quartiers dès longtemps démolis. Ô vanité! Le nom du marchand que j'y lis Doit orner un tombeau dans le Père-Lachaise. Je m'attarde. Il n'est rien ici qui ne me plaise, Même les pissenlits frissonnant dans un coin. Et puis, pour regagner les maisons déjà loin, Dont le couchant vermeil fait flamboyer les vitres, Je prends un chemin noir semé d'écailles d'huîtres.
Portrait François Coppée, Poète et dramaturge français
– François Coppée, Poète et Dramaturge Français
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Interprétation : Le regard du flâneur s’attache aux détails délaissés de la banlieue. Une vieille affiche lui rappelle aussi que les noms survivent parfois aux personnes.
J'écris près de la lampe. Il fait bon. Rien ne bouge. Toute petite, en noir, dans le grand fauteuil rouge, Tranquille auprès du feu, ma vieille mère est là; Elle songe sans doute au mal qui m'exila Loin d'elle, l'autre hiver, mais sans trop d'épouvante, Car je suis sage et reste au logis, quand il vente. Et puis, se souvenant qu'en octobre la nuit Peut fraîchir, vivement et sans faire de bruit, Elle met une bûche au foyer plein de flammes. Ma mère, sois bénie entre toutes les femmes!
Portrait François Coppée, Poète et dramaturge français
– François Coppée, Poète et Dramaturge Français
Citation vérifiée
Interprétation : Dans cette scène domestique, l’attention silencieuse d’une mère devient une expression de tendresse: ajouter une bûche au feu suffit à dire son souci de l’autre.

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