Plutarque est un philosophe et biographe grec, né à Chéronée au Ier siècle et mort au début du IIe siècle. Ses Vies parallèles rapprochent les parcours de figures grecques et romaines. Ses Œuvres morales réunissent des réflexions sur la conduite de la vie, la philosophie et la culture.
ceux là seuls aiant apris à vouloir ce qu'il fault, viuent comme ils veulent
Interprétation :
Dans cette réflexion sur l’écoute et l’éducation, Plutarque lie la liberté à l’apprentissage d’un vouloir guidé par la raison. Il l’oppose à une volonté déréglée qui laisse des regrets. Le fragment est donné dans la traduction ancienne de Jacques Amyot.
la plus part des hommes en abuse, attendu qu'ils s'exercent à parler deuant que s'estre accoustumez à escouter
Interprétation :
Plutarque reproche aux hommes de vouloir parler avant d’avoir appris à écouter. Il présente l’écoute comme une pratique qui demande elle aussi un apprentissage, dans les mots anciens de la traduction d’Amyot.
tout ainsi comme la clarté est le bien de ceux qui voient, aussi la parole est le bien de ceux qui escoutent s'ils la veulent receuoir.
Interprétation :
Plutarque compare la parole utile à la lumière : elle peut profiter à chacun de ceux qui l’accueillent. Cette image répond à l’envie, qui empêche parfois d’entendre un discours parce qu’on refuse d’en reconnaître la valeur.
Car il n'est rien au monde si facile que de reprendre son voisin, mais ceste reprehension là est vaine & inutile, si on ne la rapporte à vne instruction de corriger ou euiter semblables erreurs en soy mesme.
Interprétation :
Pour Plutarque, critiquer les erreurs d’autrui n’est utile que si cette observation aide à corriger les siennes. Le passage invite l’auditeur à transformer son jugement sur un discours en examen de sa propre conduite.
bien souuent nous ne nous donnons garde que nous receuons de faulses & mauuaises doctrines, pour la foy que nous adioustons, & la bonne affection que nous portons à ceux qui les mettent en auant.
Interprétation :
Plutarque met en garde contre une confiance qui remplace l’examen des idées. L’affection pour celui qui parle peut faire accueillir un enseignement faux ou mauvais sans qu’on y prenne garde.
pour ceste cause faut il faire iugement & examen de la lecture & harengue par soy-mesme, & par la disposition en laquelle on se retreuue
Interprétation :
Plutarque demande de juger une leçon aussi par ce qu’elle change en soi. Dans la suite de ce passage, il propose de regarder si elle apaise les passions, allège les peines et fortifie le courage et le désir de vertu.